CONVENTION INTERNATIONALE POUR UN

SALAIRE MINIMUM MONDIAL 

Organisation à but non lucratif, indépendante et ne faisant pas appel à des subventions publiques ou privées, fondée pour engendrer une convention internationale visant à instaurer un salaire minimum mondial spécifique à l'exportation.  worldrevolution-org-4.jpg

Partout dans le monde, la plupart des consommateurs et travailleurs, souhaitent l’éradication de conditions de travail proches de l'esclavage et accueilleraient favorablement l'instauration d'un salaire minimum mondial. La dernière convention internationale contre l'esclavage fut organisée par la Ligue des Nations en 1926 et une convention internationale pour la création d’un salaire minimum mondial, fut conduite en 1928 par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Depuis, aucune autre mesure globale n’a été prise pour améliorer les conditions de travail et de rémunération des populations les plus fragiles.Aussi, dans un contexte de mondialisation sauvage où seul le profit fait loi, il est maintenant nécessaire et urgent de définir de nouvelles règles pour éradiquer des conditions de travail proches de l’esclavage. Il convient de réunir les deux principaux marchés de consommateurs et le plus grand nombre de pays émergents ou en développement, pour la signature d’un accord. Ce protocole pourrait d’abord concerner les salariés dont l'activité est liée à l'exportation vers les USA et l'UE.  Francis Journot,   Paris (France),  le 27 septembre 2013

Aujourd'hui, Il existe principalement deux projets de salaire minimum global. Le salaire minimum progressif par groupe de pays et spécifique à l'exportation que nous préconisons. L'autre concept souvent appelé "Living Wage", calculé en fonction du revenu médian de chaque pays, mentionné pour la première fois en 1928 mais encore revendiqué par de nombreuses ONG, n''a jamais pu être mis en œuvre, en partie à cause de sa complexité et de ses défauts.​ juin 2018 

    ___________________________________   Logofigaro 1 2Rapport environnemental de l’ONU : 

réponse au Secrétaire général Antonio Guterres 

Antonio guterres 1

Le dernier rapport environnemental de l’ONU recommande aux gouvernements de modifier leurs modèles économiques et vous tirez la sonnette d’alarme "Si nous ne changeons pas d'orientation d'ici 2020, nous risquons des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent". Mais il convient cependant d’être réalistes. Les chefs d’Etats souhaitent davantage de croissance, les entreprises n’aiment pas les contraintes et les consommateurs changent peu leurs habitudes. Depuis la première COP co-organisée par l’ONU à Genève en 1979 jusqu’aux accords de Paris en 2015,  les politiques menées en faveur de l’environnement s’avèrent inefficientes.

Certes, le principe pollueur-payeur apparu dès 1972 peut sembler fondé mais l’écologie punitive qui recommande systématiquement une taxation ne saurait constituer une politique environnementale pertinente et ne peut que diviser les nations d’autant que son application est inégale et désordonnée. L’accélération de la dégradation environnementale est l’une des conséquences de la dérégulation du commerce mondial et des échanges prônée par des organisations internationales qui promettent maintenant l’apocalypse. Il nous faut sortir de l’impasse idéologique. Apres 23 COP Il est temps de tirer des conclusions et d’adopter un autre regard. Seule une politique juste pourrait être comprise. Dans un contexte de mondialisation, les solutions doivent être parfois globales.

"L’économie du low-cost favorise le consumérisme et constitue une anomalie écologique, économique et humanitaire" 

Pour renouer avec une consommation plus qualitative et durable, Il nous faut donc intervenir en amont sur les mécaniques économiques qui génèrent cette situation. Les réglages opérés pourraient permettre d’initier naturellement et en souplesse un nouveau modèle économique. L’une de nos nombreuses tâches consisterait à trouver des points d’équilibre entre les différents impératifs.

Nous devrions alors déterminer le niveau de salaire minimum mondial le plus approprié pour chacune des 5 à 7 catégories qui regrouperaient l’ensemble des pays concernés avec parfois une progression différée. Le montant fixé qui ne concernerait les premières années que les travailleurs produisant des biens et services destinés à l'exportation vers les Etats-Unis et l'UE, devrait être suffisamment élevé pour réduire la pauvreté sans pour autant provoquer des désordres économiques. Un niveau raisonnable permettrait d’influer progressivement sur la culture du jetable. Ce travail, bien que nous ayons déjà effectué des estimations, nécessiterait plusieurs centaines d’études complètes et de consultations spécifiques à chaque pays. Il serait complexe et considérable mais indispensable car de nature à sécuriser le changement de paradigme et à garantir aux Etats et aux entreprises mais aussi aux consommateurs, une transition progressive dans les meilleures conditions. Tous les paramètres économiques et sociaux importants devraient être pris en compte et les divers scénarios objectivement envisagés. Une grande part des analyses et le travail préparatoire seraient effectués au sein d’une structure dédiée installée en Europe et aux USA. A partir d’une méthodologie commune, des études et projections économiques seraient réalisées par des départements de recherche économique d’universités qui souhaiteraient s’associer à ce projet historique. Afin que nos travaux  soient achevés en moins de deux ans, nous pourrions également avoir recours à plusieurs cabinets internationaux spécialisés et des associations reconnues d’économistes. Par ailleurs, dès l’application des premières mesures, un observatoire interne analyserait les évolutions. 

Subséquemment, à la lumière d’une nouvelle lecture économique et philosophique, d’autres solutions  complémentaires  et comparables à celle du salaire minimum mondial, se dessineraient. Notre monde pourrait ainsi se transformer progressivement et positivement. Nous consommerions probablement moins mais mieux. Une  production artisanale ou locale pourrait à terme, plus souvent concurrencer des produits industriels moins durables et des dizaines de millions de familles pourraient en vivre. La question de la surpopulation trouverait des réponses car le salaire minimum mondial favoriserait l’éducation des enfants, l’émancipation de femmes et ainsi une réduction des taux de natalité. 

On peut regretter que l’OIT n’ait jamais réussi en un siècle à instaurer un salaire minimum mondial qui aurait certainement modéré la surconsommation et le saccage de l’environnement lors de la multiplication des traités de libre-échange et de la suppression de quotas d’importation. Aussi, depuis 5 ans, nombreux sont ceux qui, à travers le monde, suivent l’évolution du projet International Convention for a Global Minimum Wage. Des universitaires américains ont manifesté leur intérêt dès les premières publications. Aujourd’hui notre réseau compte déjà plus d’un millier d’économistes, chercheurs et professeurs en économie qui enseignent majoritairement dans des universités prestigieuses des USA et semblent pour la plupart favorables au projet ou au moins, à une réflexion sur nos propositions. 

Le programme n’obéit à aucun dogme et pourrait fédérer. Il répond aux problématiques exprimées par l’ONU ou formulées à Davos par les patrons des plus grandes entreprises qui s’inquiétaient en 2018 pour la deuxième année consécutive des possibles conséquences de la "fracture mondiale" et de "la montée des inégalités“ mais aussi à des conclusions du rapport publié par la NASA en 2014 qui soulignait le risque de voir notre civilisation industrielle disparaitre si nous ne combattons pas "L'exploitation non durable des ressources et la répartition de plus en plus inégale des richesses".  Notre projet pourrait constituer aujourd’hui l’une des rares, voire l’unique proposition économique globale, pragmatique et structurante, susceptible de réduire à terme, à la fois les dégâts environnementaux et des inégalités.

Francis JOURNOT   -     International Convention for a Global Minimum Wage

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Salaire minimum mondial et environnement : 

Que va faire l'éditeur du New York Times, 

A. G. Sulzberger ? 

Immeuble nytL'économie à faible coût est une anomalie écologique, économique et humanitaire. L'histoire et nos enfants nous condamneront certainement pour ces crimes contre l'environnement et les humains. La rhétorique dogmatique du libre-échange déréglementé au nom de la compétitivité s'inspire de certains arguments économiques déjà utilisés il y a deux siècles par les partisans de la traite négrière et de l'esclavage pour protéger leurs revenus dans la production de sucre, coton et autres produits de consommation. Le néolibéralisme exacerbé atteint ses limites. En 2014, une étude de la NASA évoquait une fin possible de notre civilisation industrielle dans quelques décennies. Tout le monde et même les marchés financiers sont conscients qu'un changement de paradigme devra être envisagé tôt ou tard. Mais la plupart des médias grand public ne semblent pas prêts à remettre en question les vieilles idéologies. Le positionnement éditorial du nouvel éditeur de l'un des journaux les plus influents du monde sera-t-il différent ? 

Lettre à Arthur Gregg Sulzberger    

Vous connaissez probablement le projet "Convention internationale pour un salaire minimum mondial", comme plusieurs milliers d'économistes et de journalistes informés, de politiciens, de dirigeants de grandes entreprises ou d'ONG du monde entier. Raisonnable et fonctionnel, il a déjà été publié plusieurs fois dans la presse, y compris dans le plus ancien et le plus prestigieux journal libéral français Le Figaro. Selon une étude parrainée par le Goddard Space Flight Center de la NASA et relayée par le quotidien britannique The Guardian le 14 mars 2014, " l'exploitation non durable des ressources et la répartition de plus en plus inégale des richesses " pourrait entraîner l'effondrement de notre civilisation industrielle dans quelques décennies. Nos propositions sont principalement orientées sur ces deux axes : une augmentation progressive des salaires des travailleurs produisant des biens et services pour l'exportation vers les marchés occidentaux, par groupes de pays économiquement proches. Sous cette impulsion, d'autres salaires locaux augmenteraient mécaniquement au fil des ans et l'effet macro-économique réduirait la pauvreté. Cela pourrait permettre de changer, à court ou moyen terme, la vie de dizaines de millions d'enfants, femmes et hommes travaillant dans des conditions proches de l'esclavage. Une augmentation des salaires et une production moins quantitative réduiraient le consumérisme et ralentiraient la destruction de l'environnement. 

Jusqu'à la publication de notre projet en septembre 2013, la suggestion la plus courante depuis la création de l'OIT en 1919, était le concept utopique plutôt que pragmatique d'un salaire minimum global basé sur le salaire médian ou le coût de la vie de chaque pays et incluant plusieurs variantes parfois discutées dans vos colonnes par des économistes. Cette idée plaît même aux plus grandes multinationales qui savent que la mise en place d'un tel système s'avérerait impossible ou prendrait au moins plusieurs décennies. Les ONG financées participent à ce jeu de rôle. Cela maintient l'illusion que des solutions sont mises en œuvre, mais la cause du salaire minimum mondial stagne depuis un siècle.

Le New York Times va-t-il continuer, comme la plupart des médias et peut-être par conformisme, à contribuer à cette mascarade ou, au contraire, va-t-il participer au véritable progrès humain et écologique que nous préconisons. Votre position de leader dans la presse internationale vous confère, plus que quiconque, un devoir éthique et une responsabilité particulière vis-à-vis des grands enjeux humains et environnementaux. Seul projet concret de salaire minimum mondial qui pourrait réduire l'esclavage et la dégradation de l'environnement dans les années à venir, il nous donne aussi l'occasion de réfléchir à un nouveau paradigme mondial au moment où le feu couve. Le salaire minimum mondial pourrait réussir là où 23 conférences sur le climat et l'environnement organisées depuis 1979 ont échoué. Par ailleurs, lors du sommet de Davos en 2018, la "fracture mondiale" et la montée des inégalités ont été des thèmes abordés pour la deuxième année consécutive. Les chefs d'État et les chefs des plus grandes entreprises du monde sont de plus en plus conscients du risque omniprésent d'escalade de la violence. L'environnement, la justice, la peur du risque d'insurrection et de désordre économique, quelles que soient les différentes motivations de chacun, la convention et ses propositions consensuelles gagnant-gagnant, pourraient être opportunes.          Envoyé le 9 août 2018 

Francis JOURNOT

International Convention for a Global Minimum Wage

http://www.international-convention-for-minimum-wage.org/ 

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Le journal "The Guardian" se trompe

à propos du salaire minimum mondial

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Lettre ouverte à Katharine Viner, rédactrice en chef du Guardian

L'idée d'un salaire minimum global basé sur le salaire médian ou sur le coût de la vie de chaque pays, plus utopique que réalisable, est la suggestion la plus courante depuis longtemps, mais la mise en place d'un tel système s'avérerait impossible ou nécessiterait au moins plusieurs décennies. Le salaire vital a été mentionné pour la première fois lorsque l'Organisation internationale du travail (OIT) a été créée en 1919. Cela maintient l'illusion depuis un siècle que des solutions sont mises en œuvre et contribue à l'enlisement de la cause du salaire minimum mondial. Pendant ce temps, plusieurs dizaines de millions d'enfants, de femmes et d'hommes, qui sont payés quelques dizaines ou un peu plus de cent euros par mois, continuent à travailler dans des conditions proches de l'esclavage et attendent avec impatience un projet concret.

Dans un article intitulé "How to stop the global inequality machine" publié l'année dernière, le chroniqueur du Guardian Jason Hickel prête à tort à l'OIT la capacité et le pouvoir d'installer un salaire minimum mondial. Cet anthropologue de la London Schools of Economics affirme, à propos de la mise en place du "Global minimum system" préconisé par l'économiste américain Thomas Palley : "L'Organisation internationale du travail a déjà prouvé qu'elle a la capacité de gérer un tel système. Et il serait logique de le coupler avec un revenu de base universel." Pourtant, si l'on se réfère uniquement aux faits, en 1928, la dernière Convention concernant la création d'un mécanisme de fixation des salaires minima a laissé une marge de manœuvre énorme à chaque nation signataire et la Convention a été un échec : "Tout Membre qui ratifie la présente convention est libre de décider de la nature et de la forme des machines de fixation du salaire minimum, ainsi que des méthodes à suivre pour leur fonctionnement. Ainsi, seuls 99 pays ont ratifié la convention, dont la Chine en 1930 et l'Inde en 1955 - avec peu d'effet, comme nous le savons maintenant. D'autres pays n'y ont adhéré qu'en 2006 ou 2007, soit 80 ans plus tard ! De plus, dans son dernier livre Politics against domination, Ian Shapiro, éminent professeur de sciences politiques à Yale, a écrit : "Créé en tant que branche de la Société des Nations par le Traité de Versailles, l'OIT n'a pas de pouvoir d'exécution".

Même si l'idée du système du salaire vital semble a priori séduisante, il est certain que l'OIT ne pourra jamais imposer ce processus très complexe aux pays concernés. De plus, le taux de 50% du salaire médian de chaque pays, recommandé en 2011 par Thomas Palley dans son livre From Financial Crisis to Stagnation, principale contribution au sujet du salaire minimum global écrit par un économiste de renom ces dernières années, n'est pas uniformément adaptable et ne modifierait pas systématiquement les conditions de vie des travailleurs. Prenons le Bangladesh et l'Éthiopie, par exemple, si le salaire mensuel d'un travailleur du textile est de 65/80 $ et que le salaire médian ne dépasse pas 130/160 $, il n'y aurait pas d'augmentation de salaire, mais nous devons admettre que lorsque Thomas Palley a fait ses propositions, les paramètres économiques étaient différents (18/25 $ par mois en Éthiopie et au Bangladesh en 2010).

Dans le livre The divide, Jason Hickel propose de jumeler avec un revenu de base universel mais cela semble encore plus risqué. Un salaire que certains États pauvres ne seraient pas en mesure de payer à leurs fonctionnaires, ou que les entreprises fabriquant des biens pour la population locale ne seraient pas en mesure de payer à leurs employés, ne peut évidemment pas être accepté. Un salaire sans base économique pourrait s'avérer contre-productif. Il pourrait déstabiliser les nations pauvres et aggraver les conditions de vie des individus.

Parce que c'est une réalité qu'aucun entrepreneur au monde n'ignore : devant chaque augmentation de salaire, il faut, à moins de vouloir initier un nouveau modèle collectiviste, qu'il y ait la ressource financière correspondante et si l'on prend l'exemple des chaînes H&M et Zara, dont les 13 000 gigantesques magasins occupent plusieurs dizaines de millions de mètres carrés qui défigurent les plus belles avenues du monde, celle-ci existe. Les deux groupes investissent chaque année dans l'ouverture de 1 000 nouveaux magasins. En réduisant un peu ces derniers ou les dividendes ou en augmentant le prix de vente de chaque article de seulement quelques dizaines de cents ou 2 ou 3 euros sur des pièces plus chères, il serait tout à fait possible de payer chaque travailleur plusieurs centaines de dollars par mois et c'est la même chose dans la plupart des secteurs industriels.

Nous devons être pragmatiques et c'est pourquoi le projet de "Convention internationale pour un salaire minimum mondial" ne propose qu'une augmentation des salaires des travailleurs produisant des biens et des services destinés à l'exportation vers les marchés occidentaux. Sous cet élan, d'autres salaires locaux augmenteraient mécaniquement au fil des ans et l'effet macro-économique réduirait la pauvreté. 

La conclusion du chroniqueur peut sembler relativiste lorsqu'il pointe du doigt un changement possible dans les activités futures en raison d'une "marée montante de l'automatisation". Mais robotisées ou non, les activités industrielles ne reviendront pas de sitôt et massivement dans les pays occidentaux. Premièrement, parce que la compétitivité des pays à faibles coûts n'était qu'une des raisons de leur départ de nos pays, mais aussi parce que le savoir-faire, la capacité de fabrication et les écosystèmes ont disparu dans la plupart des secteurs de l'industrie de fabrication de biens de consommation. L'introduction d'un salaire minimum global reste donc plus que jamais essentielle et urgente d'un point de vue humain mais aussi environnemental car des salaires plus élevés réduiraient le consumérisme et la dévastation. L'économie à faible coût constitue une anomalie écologique, économique et humanitaire.

Nous devons saluer les initiatives des ONG qui luttent pour des augmentations salariales locales, mais comme l'écrit Jason Hickel dans son introduction : "Si nous voulons mondialiser le capitalisme, il est logique de mondialiser les règles et les normes qui protègent aussi les personnes". Seul un projet global, raisonnable et adapté aux réalités économiques, avec une stratégie et proposant un salaire minimum global évolutif comprenant plusieurs niveaux en fonction de la région et du degré de développement, pourrait se matérialiser en quelques années.

Francis JOURNOT

International Convention for a Global Minimum Wage

http://www.international-convention-for-minimum-wage.org/ 

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Environnement : un salaire minimum mondial

pourrait reussir là où COP ont échoué

FIGARO ECONOMIE Par Francis Journot   Publié le 07/02/2018

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Francis Journot fait le constat de l'échec des COP, qui n'ont pas su endiguer les effets dévastateurs de la mondialisation des échanges sur le climat. Selon lui, l'instauration d'un salaire minimum mondial réduirait les dégâts environnementaux de la culture du «jetable». 

L'impasse des COP

Le dérèglement climatique paraît indéniable mais, est-ce un processus cyclique naturel de réchauffement du climat contre lequel nous ne pouvons guère ou peu lutter, ou au contraire une conséquence directe de l'industrialisation depuis 200 ans, que l'écologie punitive prônée par les COP (Conferences of Parties) entend combattre?

Entre idéologie et incertitudes scientifiques, chacun semble s'être déjà forgé une opinion. Bien que divisés, 154 chefs d'États souriaient devant les caméras du monde entier au cours de la 21ème conférence sur le climat, réunie en 2015 à Paris. Mais deux ans plus tard, la deuxième phase de négociation ne réunissait qu'une vingtaine d'entre eux à la COP 23 de Bonn.

Les pays émergents ou en développement ne veulent pas se voir imposer des freins économiques et des chefs d'États de pays développés craignent que de nouvelles réglementations et taxes envers les entreprises et les contribuables affaiblissent leurs pays (les USA déploraient en 2016 un déficit extérieur de 478 milliards de dollars avec la Chine).

Une accumulation de taxes ne saurait constituer une politique environnementale 

Peut-on sérieusement vouloir davantage de libre-échange, et en même temps affirmer lutter pour la préservation de l'environnement ?

En quelques décennies, l'homme a davantage dégradé son environnement naturel qu'en deux millénaires ; et si l'on adhère au postulat formulé par les COP selon lequel le réchauffement climatique lui incombe aussi, il apparaît alors qu'une rationalisation du libre-échange serait plus efficace que l'instauration de taxes carbone et de transition énergétique. Celles-ci pèsent en aval surtout sur le budget d'automobilistes qui n'aspirent qu'à aller travailler, de foyers modestes qui consomment les produits jetables et sans cesse renouvelés que la mondialisation met dans leur panier, sur la facture d'énergie de gens qui parfois ne disposent pas d'un revenu suffisant pour se chauffer en hiver ou sur les bilans des derniers manufacturiers qui délocaliseront finalement leur production de biens de consommation dans un pays sans taxation carbone mais dont le transport augmentera les émissions de gaz toxiques.

Empiler des taxes et réglementations environnementales peu opérantes, s'épargner une réflexion économique globale et prétendre arbitrer les responsabilités ou devoirs de chacun des pays mais selon des critères propres tenant plus du dogmatisme que du pragmatisme, relève d'une incompréhension du monde cynique et s'apparente à du racket fiscal mais ne saurait permettre de façonner une vraie politique environnementale. Peut-on sérieusement vouloir davantage de libre-échange, et en même temps affirmer lutter pour la préservation de l'environnement?

En février 1992, des chefs d'États européens signaient à Maastricht le traité fondateur de l'Union européenne devenue depuis, conformément à ses traités, la zone de libre-échange la plus ouverte aux importations, puis recommandaient au mois de juin de la même année au sommet de la terre de Rio une meilleure gestion de la planète. Maintenant, plus de 70 000 cargos sillonnent les mers et rejettent 1 milliard de tonnes de CO2 par an.

De même, l'OMC affirme que la protection de l'environnement figure parmi ses objectifs fondamentaux mais a supprimé les quotas d'importation textile en 2005. Depuis, cette industrie est montée sur la deuxième marche des secteurs les plus polluants, juste derrière l'industrie pétrolière. D'après un rapport publié le 28 novembre 2017 intitulé «Redesigning fashion's future», l'équivalent d'un camion poubelle chargé de textile est incinéré ou jeté chaque seconde. Le gaspillage des vêtements à peine portés avoisinerait 500 milliards de dollars par an et les 500 000 tonnes de microfibres rejetées à la mer chaque année, représenteraient l'équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique.

Les dernières COP réclament un financement annuel de 100 Mds de dollars, supposé permettre de mener des actions en faveur d'un ralentissement du réchauffement. Lors du One Planet Summit, le commissaire européen Valdis Dombrovskis surenchérissait: «Pour limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 degrés, l'Europe a besoin de 180 milliards d'euros par an d'investissements supplémentaires.» Le programme qui égrène de nouvelles mesures fiscales en faveur du climat et le marché florissant des green bonds pourraient davantage évoquer auprès des contribuables une folle financiarisation, et le danger d'une «bulle verte», plutôt qu'un combat concret pour l'environnement.

L'illusion du low-cost

Le low-cost constitue une anomalie écologique, économique et humanitaire. Des populations sont paupérisées pendant que d'autres connaissent des conditions de travail proches de l'esclavage. Lorsqu'une ouvrière rémunérée quelques dizaines d'euros, assemble plusieurs centaines ou milliers de vêtements, le coût de revient varie souvent entre un euro pour un tee-shirt et quelques euros pour d'autres vêtements ou un peu plus selon le positionnement marketing de l'enseigne ou de la marque. Mais la surexploitation ou l'absence de respect des normes exigent ensuite un assainissement des rivières, une reforestation, la réintroduction d'espèces, mais aussi des soins pour des travailleurs malades.

Associer le précepte «consommer moins mais mieux» à un mécanisme économique

Le défi qui consiste aujourd'hui à ralentir le tourbillon de la surconsommation peut être relevé en agissant sur les modes de consommation et de production. Certes, nous devons réapprendre à consommer mais on peut craindre que la recommandation «consommer moins mais mieux» ne suffise guère. Les consommateurs n'ont pas toujours le choix et doivent le plus souvent se contenter d'une offre low-cost obsolescente et jetable imposée par les marques et les grandes enseignes. C'est surtout en amont que nous pourrons recréer des équilibres. Aussi nous faut-il concevoir les mécanismes économiques qui, à terme, produiront l'effet recherché.

Avant la délocalisation massive de l'industrie manufacturière des biens de consommation, les coefficients multiplicateurs appliqués au prix de revient étaient à peu près semblables chez l'ensemble des commerçants de chaque profession. Compte tenu d'un salaire minimum et traditionnellement, d'une bonne qualité de confection, le prix de vente final correspondait généralement à la valeur réelle du bien et la consommation était régulée. Aujourd'hui, le prix de vente est déterminé selon le prix psychologique du marché (le montant que le consommateur est prêt à débourser). Il n'est plus rare de payer un article 10 ou 20 fois son prix de revient sorti d'usine. Certes, les taxes douanières participaient auparavant à une modération de la production mondiale et il faut admettre qu'il se révélerait difficile de restaurer la transparence et l'équilibre antérieurs dans le contexte actuel de libre-échange dérégulé. Il serait cependant possible d'œuvrer dans ce sens en guidant les entreprises vers une revalorisation des produits qui ferait ensuite considérablement diminuer les gaspillages et la surconsommation.

Quand le coût de la main d'œuvre est très bas, les industriels sont moins attentifs à la qualité de conception et de fabrication d'articles, qui, subséquemment, sont peu durables mais trouvent néanmoins le plus souvent acquéreur ou sont détruits. Un salaire minimum mondial encouragerait une diminution de la production de produits jetables. Celui-ci devrait être spécifique à l'exportation et des pays seraient regroupés par catégories salariales. Les chefs d'États de pays émergents en percevraient la dimension humaine et philosophique mais aussi économique. Les avantages et bénéfices d'un salaire décent, source de nouvelles recettes fiscales et de développement financé par une plus forte contribution des donneurs d'ordres, pourraient les convaincre. La simplification de l'engagement et de la mise en œuvre dans les pays respectifs faciliterait une application globale et rapidement opérationnelle. À terme, le salaire minimum mondial générerait un effet macroéconomique positif sur le niveau de vie de populations entières. Cependant, compte tenu d'une part salariale toujours mineure, le nouveau salaire n'affecterait que modérément le prix acquitté par le consommateur.

La convention internationale pour un salaire minimum mondial par groupes de pays et spécifique à l'exportation

La convention internationale pour un salaire minimum mondial que l'on aurait pu aussi baptiser convention internationale pour la dignité humaine et la préservation de la planète, s'affranchirait des traités internationaux de commerce et de libre-échange, en vertu d'un principe de légitimité et de hiérarchie des priorités.

Organisée sous l'égide des deux grands marchés de consommateurs (USA et UE), elle serait, afin d'en privilégier l'efficacité, indépendante des organismes existants (pour exemple, la gestion calamiteuse de la convention de 1928 pendant 90 ans par l'OIT peut faire douter de l'utilité d'un partenariat).

Au terme des accords signés, la convention deviendrait une entité permanente veillant à leur application. Aujourd'hui, des États ferment les yeux sur les conditions de travail en pensant servir l'intérêt national mais ces salaires indécents maintiennent surtout des populations entières dans la misère, et des pays entiers dans le sous-développement.

Il conviendrait donc de lier l'exportation vers les USA et l'UE à l'engagement des chefs d'États, au cours de la Convention internationale pour un salaire minimum, de légiférer ensuite dans leurs pays respectifs, en faveur d'un salaire minimum mondial rémunérant les ouvriers et employés qui produisent des biens et services à destination de ces deux grands marchés de consommateurs. 

Chaque gouvernement devrait désormais s'enquérir du respect des nouveaux droits dans les entreprises nationales sous-traitantes et étrangères installées sur son territoire. Les salariés lésés pourraient solliciter l'organisme international dédié et des pénalités précéderaient une remise en question des importations en provenance du pays.

Le salaire minimum mondial pourrait ne concerner au début que 2 à 3 filières manufacturières parmi celles dont la production et le transport comptent parmi les plus polluants. De même, l'augmentation des salaires s'étalerait sur 2 voire 3 années afin que les changements s'effectuent sereinement. Une réflexion à propos d'un salaire minimum agricole concernant les produits non transformés aurait aussi lieu. Celle-ci prendrait en compte le différentiel de marge plus réduit du secteur. Le nouveau salaire agricole (à condition qu'il ne soit guère inférieur au salaire minimum déjà en vigueur dans le pays) pourrait donc se situer plus ou moins à mi-chemin entre le salaire médian et le salaire minimum manufacturier réservé à l'exportation de la même catégorie. Le salaire agricole pourrait aussi englober des activités d'extraction minière.

Les économies et salaires sont parfois interdépendants et il serait donc indispensable de veiller à ne pas accentuer des désordres économiques. Pour exemple: une augmentation de 30 % du salaire de l'ouvrier manufacturier chinois travaillant pour l'exportation garantirait mieux le maintien des emplois également revalorisés, occupés chez les sous-traitants de plus en plus nombreux sur tous les continents.

Un faible risque d'inflation et de déstabilisation des économies

Les hausses de taux d'inflation dans les pays émergents ou en développement pourraient se révéler mesurées car l'augmentation ne concernerait pas les travailleurs œuvrant pour la production locale et n'affecterait donc que peu les prix locaux. Néanmoins, la progression sociale et économique s'étendrait au fil des années, naturellement et plus ou moins progressivement, selon la structure de chaque pays. Le risque de voir leurs industries déménager ailleurs se pose peu. Les donneurs d'ordres ne partiraient pas précipitamment du Bangladesh, de l'Éthiopie ou du Vietnam d'autant que les coûts salariaux ne seraient pas inférieurs ailleurs. Il est aussi peu probable que les industries de main-d'œuvre retournent soudain dans des pays qui ont perdu leurs savoir-faire et leurs capacités productives.

Le salaire minimum ne ferait pas grimper inconsidérément les prix dans les enseignes occidentales car ceux-ci doivent tenir compte de la capacité d'achat des clients et d'une concurrence féroce. Dans le domaine de l'habillement, plus de 40 % des vêtements sont vendus soldés ou en promotion. Seraient principalement impactés le rythme hebdomadaire des collections «fast fashion», les campagnes publicitaires récurrentes ainsi que le nombre et la surface des magasins pharaoniques installés sur les avenues les plus prestigieuses. Le salaire minimum appliqué à une part de la population active d'un pays constitue un concept sans précédent et il n'existe pas d'exemple spécifique. Alors citons l'augmentation historique du salaire minimum français, décidée lors des accords de Grenelle en 1968. Celui-ci effectuait un bond de 35 %, le revenu minimum agricole progressait de 55 % et d'autres salariés voyaient au cours des mois ou des années suivantes leur rémunération croître de 100 % ou davantage, mais le taux d'inflation restait relativement stable jusqu'au choc pétrolier d'octobre 1973.

Si l'on examine le cas plus récent de la Chine, bien que nous devions aussi tenir compte des dumpings, on observe que la multiplication du salaire moyen par 300 % en moins de dix ans, n'a pas généré une flambée des prix des produits exportés et vendus dans les rayons des grandes enseignes.

   Francis JOURNOT   -  http://www.international-convention-for-minimum-wage.org 

                                                                                   Logofigaro 1 

 Dumpings, environnement, esclavage :

Un salaire minimum mondial offrirait des solutions 

FIGARO SOCIETE  Par Francis Journot   Publié le 21/11/2017Xvmd4cb19a0 ced4 11e7 8819 15a9d4558439

Le Figaro/Tribune - Francis Journot dénonce l'esclavage de plusieurs dizaines de millions de femmes et d'hommes rémunérés quelques dizaines ou un peu plus d'une centaine d'euros par mois. Il défend un salaire minimum mondial, qui initierait une transition vers un changement de paradigme. 

 

Dérégulation des échanges et déséquilibres économiques, surproduction et destruction de l’environnement, conditions de travail proches de l’esclavage et immigration, chômage et précarisation dans les pays développés : La mondialisation heureuse et la cohésion européenne sont restées à l’état de slogan. Le 17 novembre 2017, lors du sommet social européen de Göteborg, le  président français Emmanuel Macron a exhumé le thème du salaire minimum européen sans toutefois intégrer les paramètres inhérents à une économie mondialisée. Pourtant, l’instauration d’un salaire minimum européen pourrait passer par celle, conjointe, d’un salaire minimum mondial. Le salaire spécifique aux exportations est une option qui devrait être maintenant envisagée. 

Comment créer un salaire minimum européen ?  

Le projet de salaire minimum européen unique ou selon le revenu médian de chaque pays n’a jamais  abouti lorsque l’UE ne comptait que 15 membres et 25 ans après Maastricht, on peut douter d’une éventuelle adhésion des 28 pays. Un salaire que les états pourraient difficilement assumer dans leurs administrations ou que les entreprises produisant pour la population locale ne pourraient guère payer à leurs salariés, n’a bien évidemment aucune chance de voir le jour, même en deux étapes, zone euro puis UE,  ainsi que le préconise le président de la commission européenne Jean Claude Juncker. De plus, une augmentation unilatérale des salaires européens désindustrialiserait et appauvrirait un peu plus une Union européenne qui déplore un déficit extérieur de 170 milliards de dollars avec la Chine, comparable à celui des USA qui dépassait 478 milliards de dollars en 2016 avec ce même pays. Au sein des pays de l’UE, seule l’Allemagne tire son épingle du jeu. Celle-ci remporte le jackpot avec un excèdent mondial record de 293 milliards de dollars dont 257 avec la Chine. La première économie de l’UE profite à la fois d’un yen sous-évalué qui lui permet d’importer des pièces à bas prix mais aussi d’une main d’œuvre de sous-traitants des pays voisins dont les salaires comptent parmi les plus modestes d’Europe.

Les pays européens aux plus bas salaires de l’UE ne renonceront pas à leur avantage compétitif à moins que l’augmentation n’affecte guère leurs économies respectives. Mais pour cela, il serait alors indispensable que l’ensemble des autres pays à bas coûts augmente également les salaires en concurrence soit ceux des ouvriers et employés produisant des biens et services ensuite exportés vers les grands marchés de consommateurs.   

Convention internationale pour un salaire minimum spécifique à l’exportation

Il conviendrait donc de soumettre l’exportation vers les deux grands marchés de consommateurs, à l’engagement des chefs d’états, au cours d’une convention internationale pour un salaire minimum, de légiférer ensuite dans leurs pays respectifs, en faveur d’un salaire minimum mondial rémunérant les ouvriers et employés qui produisent des biens et services destinés aux USA et à l’UE.  

Son montant qui pourrait se situer entre 250 et 350 € les premières années, serait déterminé au terme d’un vote de la convention. Certes une part des salaires manufacturiers chinois se situe déjà dans cette fourchette mais les ouvriers travaillant chez les sous-traitants de plus en plus nombreux en Asie, en Afrique ou en Europe (hors pays de l’UE) en profiteraient. Ambitieux pour les uns, trop modeste pour d’autres, ce pas constituerait néanmoins un indéniable progrès social pour plusieurs dizaines de millions de femmes et d’hommes rémunérés quelques dizaines ou un peu plus d’une centaine d’euros par mois pour travailler parfois dans des conditions proches de l’esclavage.

De même la création au sein de l’UE d’un salaire minimum européen qui pourrait avoisiner 600 €, accélérerait la réalisation de l’Europe sociale souhaitée par Bruxelles mais qui jusque-là a échoué. La hausse salariale satisferait les ouvriers des 10 pays de l’UE dont le salaire minimum est proche ou inférieur à 400 € sans pour autant menacer les économies des états. En effet, il est peu probable que les industries de main d’œuvre maintenant délocalisées dans des pays à plus bas coûts reviennent instantanément dans des pays qui ont perdu leurs savoir-faire et leurs capacités productives.

Pour exemple, la fabrication d’articles textiles bas ou moyen de gamme ne coûterait le plus souvent que quelques centimes ou dizaines de centimes d’euro en plus. En revanche l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés de l’industrie et des services exportés s’étendrait mécaniquement à l’ensemble des populations des pays concernés et pourrait générer des marchés à plus forte valeur ajoutée parfois plus locaux et respectueux de l’environnement.   

Apres l’échec de toutes les conférences sur le climat, il faut changer de stratégie 

Lorsqu’une ouvrière rémunérée mensuellement 30 ou 100 €,  assemble plusieurs centaines ou milliers de vêtements chaque mois, on considère souvent que le coût de fabrication est insignifiant mais il n’en va pas de même pour l’impact sur l’environnement car le textile est la deuxième cause de pollution derrière l’industrie pétrolière. En instituant un salaire minimum, le vêtement abandonnera progressivement son statut de produit jetable.

Un salaire de 300 € ne ferait pas obligatoirement grimper les prix dans les grandes enseignes. Ceux-ci sont généralement fixés en fonction du pouvoir d’achat des pays consommateurs et de leur concurrence. Seraient principalement impactés, le rythme hebdomadaire des collections «fast fashion», les budgets publicitaires, la surface des magasins pharaoniques installés sur les avenues les plus prestigieuses et les marges bénéficiaires. Auparavant chaque article avait un coût de fabrication qui valorisait le produit. Désormais, H&M brule chaque année, selon des journalistes danois, 12 tonnes de vêtements.

Le modèle de libre-échange débridé qui favorise une  production plus quantitative que qualitative et déplace des centaines de millions de tonnes de marchandises d'un bout à l'autre de la terre, devra être repensé. Selon Le Gardian, les 15 plus gros porte-conteneurs polluent autant que la totalité du parc automobile mondial. Aujourd’hui, près de 100 000 cargos sillonnent les mers. La conférence sur le climat qui a eu lieu à Paris en 2015 a sensibilisé le monde aux enjeux climatiques mais à l’instar des précédentes réunions, ne permettra pas de réduire la surproduction notamment chinoise. Le premier pollueur mondial avait déjà fait échouer la conférence de Copenhague en 2009 et ne cache pas son ambition de dominer l’économie mondiale avant de songer à réduire ses émissions dont le pic ne sera atteint qu’en 2030 mais jugeait la contribution climatique des pays développés fixée à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, très insuffisante. Un marché de dupes ne fait jamais longtemps illusion et l’échec semble une fois de plus, inévitable. 

Certes, le salaire minimum mondial ne résoudrait pas toutes les problématiques. Néanmoins, il initierait une transition vers un indispensable changement de paradigme. Consommer moins mais mieux pourrait en constituer l’un des objectifs.

Nous avons demandé ce mois-ci à un groupement spécialisé d’avocats réputés de la Côte Est des Etats-Unis de transmettre notre proposition de convention internationale pour un salaire minimum mondial au gouvernement américain. Le président Donald Trump pourrait permettre l’aboutissement de ce projet qui représenterait un important progrès social et environnemental pour l’humanité mais le voudra-t-il ?        

Francis JOURNOT   -  http://www.international-convention-for-minimum-wage.org 

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Article publié sur Marianne le 14 février 2015

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Article publié sur Conso Globe le 26 février 2015 

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Pourquoi il faut un salaire minimum mondial   par Francis JOURNOT

Au Pape François,

"Il est nécessaire d’agir sur les causes et non seulement sur les effets..." telle fut, en novembre  dernier, votre  recommandation au parlement européen à propos de l’esclavage et des risques mortels liés à l’immigration clandestine.

L’instauration d’un salaire minimum mondial inhérent aux biens de consommation et services exportés ferait reculer l’esclavage et offrirait parfois de nouvelles perspectives économiques à des populations qui migrent souvent au péril de leurs vies. 

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 UN SALAIRE MINIMUM MONDIAL SPÉCIFIQUE A L’EXPORTATION   

Le thème du salaire minimum mondial n’est certes pas nouveau mais en l’absence de projet  pragmatique, celui-ci n’a jamais vraiment progressé. Le salaire médian selon le niveau de vie ou la rémunération moyenne de chaque pays est l’hypothèse la plus souvent évoquée mais la mise en place d’un tel dispositif nécessiterait plusieurs décennies.  

En effet, la dernière Convention concerning the Creation of Minimum Wage-Fixing Machinery , qui a eu lieu en 1928, laissait champ libre aux États signataires mais s’est révélée être un échec : “Chaque Membre qui ratifie la présente convention a la liberté de déterminer les méthodes de fixation des salaires minima ainsi que les modalités de leur application. 99 pays ont ratifié la convention dont la Chine en 1930 ou l’Inde en 1955 avec les résultats que nous connaissons. Certains pays ont adhéré en 2006 et 2007 soit prés de 80 ans après. Aussi, cette expérience nous enseigne, que, pour être efficace et ratifiée rapidement par le plus grand nombre d’États, une nouvelle convention internationale devrait impérativement définir un cadre  d’application commun plus précis. Il conviendrait en outre que le processus ne soit financièrement, guère contraignant pour les États. 

Le salaire minimum mondial préconisé s’adresserait donc d’abord aux personnels dont le travail serait lié aux produits et services exportés vers les grands marchés de consommation. Les Chefs d’États des pays émergents pourraient appréhender l’intérêt d’un salaire décent, source de nouvelles recettes fiscales et de développement financé par une plus juste contribution des donneurs d’ordres principalement occidentaux. A terme, ce salaire pourrait générer un effet macroéconomique positif certain sur le niveau de vie de populations entières. Aujourd’hui, avec des salaires horaires variant le plus souvent, d’une à quelques dizaines de cents d’euros, la part salariale de la production d’un bien de consommation fabriqué dans un pays à bas coûts, n’avoisine le plus souvent qu’1 à 5 % du prix acquitté par l’acheteur final. 

Un salaire minimum mondial spécifique de 300 ou 400 € augmenterait les coûts de production mais  ne devrait néanmoins, que modérément impacter les prix à la consommation. Sous l’effet d’une crise qui ampute le pouvoir d’achat et l’accroissement d’une concurrence qui voit l’arrivée ininterrompue de nouveaux acteurs, notamment dans le secteur de l’habillement, l’offre s’adapte habituellement à la demande et les étiquettes des biens de consommation bas/moyen de gamme affichent une tendance à la rétractation. En effet, les grandes entreprises qui ont recours aux pays à bas coûts disposent généralement de marges considérables qu’ils peuvent réduire sans affecter dangereusement leurs résultats. Pour exemple, Apple a totalisé en 2013 et 2014 prés de 80 milliards de dollars de bénéfices et des enseignes comme  ZARA et H&M réinvestissent chaque année dans l’ouverture de 400 nouveaux mégastores luxueux situés sur les plus belles avenues du monde.  

PENSER UNE  MUTATION DES MODES DE PRODUCTION  

L’intégration dans les coûts, d’un salaire minimum décent et du réel impact écologique, de la fabrication à la commercialisation, nous orienterait vers un ralentissement du consumérisme et à terme, ferait diminuer le réchauffement climatique. La revalorisation des salaires industriels dans les pays émergents ou en développement, atténuerait  l’écart de productivité entre industrie et artisanat. Cela pourrait favoriser l’apparition de modes de fabrication ou de culture locaux et artisanaux, plus respectueux de l’environnement, qui désormais, pourraient plus souvent assurer un revenu vital à des travailleurs indépendants ou à des petites structures, notamment dans les pays émergents. 

Progressivement la production muterait vers une offre de meilleure qualité, moins jetable, moins obsolète et subséquemment, plus économique pour le consommateur. Au moment où le modèle économique basé sur une course à la croissance à l’infini dévoile ses limites  mais continue néanmoins à détruire notre planète, il conviendrait d’attribuer aux plus grandes entreprises, un coefficient de responsabilité sociale et écologique. Il pourrait être calculé sur la base de la réelle empreinte écologique des services ou produits vendus. Il tiendrait compte de la qualité ou durabilité et des conditions de travail lors des prestations ou de la production réalisée chez les sous-traitants mais aussi de tous les éléments de commercialisation et de l’ensemble des moyens publicitaires. 

La contribution pourrait financer, à travers une agence mondiale dédiée, des actions en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique notamment l’aide au développement d’économies locales et artisanales ou de toutes actions conduisant à un allégement de l’empreinte écologique mondiale. Le chantier serait moins titanesque qu’il n’y parait car moins de 400 groupes internationaux seulement, se partagent la quasi-totalité de l’économie mondiale. Il serait juste que les entreprises qui tirent immodérément parti de la planète, contribuent au financement d’actions tendant à réduire leurs dégâts.   

Dans votre message communiqué le 10 décembre 2014  titré « Non plus esclaves, mais frères »Vous soulignez la « responsabilité sociale du consommateur » : « Chaque personne devrait avoir conscience qu’acheter est non seulement un acte économique mais toujours aussi un acte moral ». 

Certes, le consommateur peut et doit réduire sa consommation. Cependant, il convient de pointer du doigt la politique de libre-échange qui a favorisé l’explosion de la consommation et qui, en quelques années a fait bondir les émissions de Co2. L’achat a longtemps été un acte réfléchi reposant sur la recherche du meilleur rapport qualité/prix parmi une offre diversifiée de qualité mais aujourd’hui les repères ont disparu.  Le consommateur, toujours plus sollicité par une publicité invasive, consomme l’offre imposée par quelques grands groupes qui règnent sur les marchés de la consommation. Il est maintenant quasiment contraint de renouveler sans cesse des équipements jetables ou obsolescents majoritairement fabriqués dans des pays émergents à bas coûts dans des conditions souvent peu respectueuses de l’homme et de la nature. 

SAUVER DES ENFANTS    

Selon un rapport de l’UNICEF en 2012, 322 millions d'enfants (23 % de la population mondiale âgée de 5 à 17 ans) sont engagés dans une activité économique. Parmi eux, 215 millions travaillent dans des conditions inacceptables et plus de 110 millions d'entre eux, sont soumis aux pires conditions de travail. Aussi, si l’on admet que lorsque les parents sont payés décemment les enfants sont moins souvent contraints de travailler et peuvent ainsi aller à l'école, l’existence d’un salaire décent se révèle  cruciale. De même, nous assistons impuissants à la noyade de milliers d’enfants et adultes migrants dont bon nombre fuient des pays où les salaires des ouvriers fabricant des produits pourtant destinés aux grands marches de la consommation, permettent à peine de survivre.  

Nous devons  œuvrer à la régulation d’un marché mondial du travail qui, tout au long de l’histoire de l’humanité, n’a jamais compté autant de personnes travaillant dans des conditions proches de l’esclavage dans les pays émergents ou en développement mais aussi un nombre de chômeurs et de pauvres jamais atteint auparavant dans les pays développés.  

UN ACCORD POUR METTRE FIN A L’ESCLAVAGE AVANT 2020 

Le 2 décembre 2014, journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, une réunion co-organisée par le Vatican et le mouvement global freedom network, initié par le milliardaire et magnat des mines australiennes Andrew Forrest, a permis de recueillir la signature des 16 principaux chefs de communautés religieuses, en faveur d’une déclaration commune « pour mettre fin à l’esclavage avant 2020».  Cependant, la déclaration ne semble pas s’être dotée de stratégie commune. Aussi, il est à redouter, qu’à l’instar des dizaines de conférences ou conventions organisées depuis la déclaration des droits de l’homme en 1948, que les résolutions ne soient suivies d’effets. Par ailleurs, le site du mouvement, destiné au recueil du soutien d’une part significative de la population mondiale stagne depuis sa création à 11 000 signatures sur le réseau social Facebook et un peu plus de 2 400 sur Twitter. Alors on peut déjà craindre que la mobilisation planétaire escomptée ne soit guère au rendez-vous.  

 UNE OPPORTUNITÉ D'APAISER UN MONDE AU BORD DE L'IMPLOSION SOCIALE           

 Publié en septembre 2013, le projet Global minimum wage to abolish slavery  a été remarqué par des économistes de renom. Certains parmi eux, enseignent dans les plus prestigieuses universités américaines et nous ont fait part de leur intérêt. 

Bien qu’il faille admettre qu’il soit de nature différente et n’ait finalement guère vu le jour, le projet de salaire minimum aux USA avait cependant, recueilli en janvier 2014 lesoutien de 600 économistes

Les chefs religieux que vous avez réuni et de nombreux économistes à travers le monde, sont susceptibles de soutenir la «convention internationale pour un salaire minimum » que nous proposons. Certains parmi eux pourraient intervenir lors de celle-ci. Pays en développement ou développés pourraient s’accorder à voir en cette convention, une opportunité d’apaiser un monde au bord de l’implosion sociale. 

Alors peut-être parviendrons-nous à convaincre les deux principaux marchés de consommation USA et UE, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de considérer la nécessité et l’inéluctabilité d’un salaire minimum mondial.  

   Francis JOURNOT   -  http://www.international-convention-for-minimum-wage.org 

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Lettre à  Barack OBAMA, président des Etats unis d'Amérique, Jean Claude JUNCKER, président de la Commission Europeenne,  Robert AZEVEDO, directeur général de l'OMC, Guy RYDER, directeur  général de l'OIT et tous les chefs d'Etat des pays émergents ou en développement.                  

Un salaire minimum mondial

pour abolir l'esclavage Par Francis JOURNOT                                                                                  

"L’éradication de conditions de travail proches de l’esclavage

passe d’abord par une digne rémunération"    

Tribune du 5 novembre 2013 sur CONSOGLOBE

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                                                             Tribune du 7 octobre 2013 sur MARIANNE     

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UN SALAIRE DÉCENT PEUT CONSTITUER UN OUTIL DE RESPECT DES DROITS HUMAINS

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) et des ONG (organisations non gouvernementales) dressent régulièrement des constats alarmants à propos des conditions de travail et de sécurité des ouvriers des pays à bas coûts. 

Mais les chartes éthiques signées par les groupes de distribution et les industriels locaux  s’avèrent insuffisamment contraignantes et n’ont jamais permis d’améliorer significativement l’existence de populations trop souvent asservies.

Chaque année, des situations sanitaires dangereuses et de nombreux accidents continuent à tuer des milliers d’ouvriers. 

Il est hélas peu certain que les donneurs d’ordres acceptent de renoncer à une part même mineure de leurs bénéfices, pour faire progresser la sécurité et la situation des ouvriers.

En effet, ceux-ci estiment souvent que cette responsabilité incombe aux sous-traitants qui, à l’opposé, affirment généralement, ne pas pouvoir financer des améliorations sans l’implication financière des grands groupes de la distribution.  

 Il nous faut aujourd’hui penser une autre approche : des travailleurs mieux rémunérés ont davantage accès à l’information, mais aussi à des conseils et à une aide juridique pour les protéger et faire valoir leurs droits. 

Si nous, marchés occi580px-guy-ryder-6.jpgdentaux de consommateurs, aidions les salariés des pays à plus faibles coûts à obtenir une plus digne rémunération de leur travail, nous leur procurerions ainsi les outils qui leur permettraient d’influer sur leurs conditions de travail, de santé et de sécurité.

Ils sauraient, n’en doutons point, engager avec leurs entreprises et pays respectifs, un dialogue qui conduirait à l’éradication de conditions d’existence proches de l’esclavage.      

  Le syndicaliste britannique, Guy Ryder, est le directeur général  de l’OIT depuis octobre 2012 (photo MEDEF)

          UN MOYEN POUR LUTTER CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS    

Une convention contre le travail des enfants a été signée en 1999 par 174 pays. Mais aujourd'hui, 322 millions d'enfants soit 23 % de la population mondiale âgée de 5 à 17 ans, sont engagés dans une activité économique. Parmi eux, 215 millions travaillent dans des conditions inacceptables et plus de 110 millions d'entre eux, sont soumis au pires conditions de travail. Si les parents étaient mieux payés, de nombreux enfants ne seraient pas obligés de travailler et pourraient aller à l'école. 

                     ADOPTER UNE VISION PLUS GLOBALE  

Dans un contexte de mondialisation, il convient d’appréhender avec une vision globale, la situation des salariés des pays émergents.

On peut, certes, continuer à pointer du doigt la dangerosité et pénibilité du travail ou l’extrême exploitation des ouvriers de certains pays, mais cela les expose à la délocalisation de leur production vers d’autres régions où les travailleurs sont parfois encore plus fragiles. 

Depuis l’accident de Dacca, qui à couté la vie à 1 133 personnes et causé de graves blessures et amputations à plus de 1 000 ouvrières et ouvriers parmi les 1 900 blessés, plusieurs groupes textiles, sans doute plus soucieux de leur image que du sort des ouvrières et ouvriers bangladais, transfèrent maintenant leur production vers d’autres pays d’Asie ou d’Afrique.                                                                                        

Une tentative d’indemnisation des victimes du Rana Plaza a été organisée le 12 septembre 2013 à Genève sous la houlette de l’OIT. Cependant, 9 marques seulement sur lesdhaka-savar-building-collapse-9.jpg 29 impliquées se sont déplacées. Parmi les absents, citons AUCHAN, BENETTON, C&A, CARREFOUR, MANGO, et le groupe textile INDITEX (capitalisation de pres de 70 milliards d’euros) qui exploite les marques ZARA, MASSIMO DUTTI, BERSHKA, OYSHO, PULL & BEAR, STRADIVARIUS, etc. 

Immeuble Rana plaza à Dacca après l’effondrement du 24 avril 2013 (photo Rijans-flickr)

Aussi, peut-être pourrions-nous, afin de mettre fin à cette folle et meurtrière  ronde, tenter d’apporter une réponse plus pertinente. 

La plupart des consommateurs occidentaux accueilleraient très favorablement l’institution d’une norme salariale mondiale. Néanmoins, la protection, les droits, la sécurité et la santé des citoyens relèvent de la responsabilité de chaque État qui, même en cas d’insuffisances, demeure souverain. 

Par ailleurs, l’instauration immédiate d’un salaire minimum décent pour l’ensemble des salariés de chaque pays émergent serait, le plus souvent, économiquement irréalisable.    

 Aussi, Il importerait simplement, afin de remédier rapidement et durablement à des situations sanitaires urgentes et souvent dangereuses, d’organiser une convention internationale pour définir dans la concertation, un montant de rémunération minimum obligatoire spécifique à l’exportation, afin d’échanger dans un monde plus juste et plus serein. 

UNE CONVENTION INTERNATIONALE ENTRE MARCHÉS DE CONSOMMATEURS ET PAYS A BAS COÛTS             

USA et UE pourraient, en collaboration avec l’OIT et dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), proposer à l’ensemble des pays industriels à bas coûts, d’adhérer à une convention internationale.  

Cet accord prévoirait essentiellement de subordonner l’exportation vers les deux plus grands marchés de consommateurs, à l’obligation de rémunérer, selon une norme minimum mondiale négociée, les personnels qui fabriquent ces produits ou fournissent ces services. 

Il conviendrait de déterminer dans la concertation, un montant de salaire suffisamment ambitieux pour faire évoluer la situation salariale  de nombreux ouvriers dans le monde mais assez raisonnable et modéré pour être agréé par le plus grand nombre de pays exportateurs.

Le brésilien  Roberto AZEVEDO en poste depuis septembre 2013, est le 1e  premier directeur général de l’OMC issu d’un pays émergent (photo WTO)  

Une discussion entre les principaux marchés de consommateurs et l’ensemble des pays exportateurs, pourrait s’engager autour de la base suivante, qui néanmoins, ne constituerait qu’une étape vers une harmonisation salariale. 

- Un salaire minimum mensuel net de 400 € ou 500 $ pour les ouvriers fabriquant des produits ou les employés fournissant des services destinés à l’exportation principalement vers les deux plus grands marchés de consommateurs que sont l’UE et les USA. 

Seraient concernés : des pays d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Europe. Les pays de l’Union Européenne (UE) qui ne garantissent pas de salaire minimum ou dont le montant est inférieur au seuil préconisé, devraient également se plier à cette règle pour exporter vers les autres pays membres de l’UE ou les USA. 

Par ailleurs, l’UE abrite en son sein d’importantes inégalités : le salaire minimum bulgare est le plus faible avec un montant net de 120 € mensuel quand son équivalant luxembourgeois dépasse 1 500 €. Il reviendrait à la Commission Européenne, d’imposer plus d’équité entre ses membres ¹.   

Il appartiendrait ensuite à chacun des États participants, de légiférer pour faire appliquer  dans les entreprises locales et étrangères, les dispositions décidées lors de la convention et  encadrant la rémunération des personnels travaillant pour l’exportation.   

Le 7 decembre 2013 a Bali, l'OMC a signé avec 157 ministres d'Etats membres, un accord historique de libéralisation des échanges internationaux prévoyant l'exemption accrue des droits de douane sur les exportations en provenance des pays les moins avancés et la facilitation des échanges, dont, grandes entreprises et marchés financiers pourraient bien s'avérer être les principaux bénéficiaires. L'OMC, pourrait cette fois-ci, conjointement avec l'OIT, organiser une convention en faveur des populations esclavagisées. Par ailleurs, les économies de frais de douane réalisées par les groupes industriels diminuent les couts et pourraient participer au financement d'une réevaluation de la rémunération des salariés des pays émergents ou en developpement.                  

UNE AUGMENTATION SALARIALE POSSIBLE SANS MAJORATION DU PRIX POUR LE CONSOMMATEUR    

Les groupes de distribution et du luxe, les grandes enseignes et les marques, ont bâti en à peine vingt ans de mondialisation, des empires financiers gigantesques. 

Ceux-ci distribuent chaque année des dizaines de milliards d’euros à leurs actionnaires au détriment de consommateurs abusés et d’ouvriers surexploités.

Leurs milliers de palais de la consommation sont démesurés et occupent maintenant des millions de mètres carrés sur les plus belles avenues du monde. 

Mais à l’autre bout de la chaine, les salaires mensuels n’atteignent que très rarement 200 € par mois et sont bien souvent inferieurs à 100 €. 

Celui d’une ouvrière bangladaise compte parmi les plus faibles au monde avec 40 € pour parfois 250/300 heures de labeur ou 23 € pour des éthiopiens qui révélaient récemment être battus par les contremaîtres. D’autre part, au sein même de l’UE, les ouvrières de certains pays perçoivent moins de 150 €. 

Les faibles couts des pays émergents coût permettent aux grandes enseignes d'acquérir des magasins somptueux sur les plus belles avenues de New-York 

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Le magasin ZARA sur la 5e Avenue occupe une superficie de 3 000 m2 et a coûté 324 millions de dollars. Le groupe Inditex a déjà 6 000 magasins dans le monde. / La marque H & M, qui a déjà 2.853 magasins multiplie également les ouvertures: 5 300 m2 à Times Square, 3 900 m2 sur la 5e Avenue et 5 800 m2  à l'Herald Center en hiver 2014.

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Souvent, les pièces  détachées des sacs vendus plusieurs centaines d'euros ou parfois 1.000 € dans les magasins Louis Vuitton (LVMH Group) , viennent de pays à bas couts comme la Chine ou la Roumanie.                               

Pourtant, il serait parfaitement possible, dans l’ensemble des secteurs industriels, de rémunérer plus correctement les personnels qui produisent des articles destinés à l’exportation, sans majoration de prix au consommateur.

La diminution de profits n’avoisinerait le plus souvent, que quelques dizaines de cents ou quelques euros sur des articles plus chers. 

Pour exemple, la somme annuelle de travail produit par une ouvrière textile bangladaise rémunérée moins de 500 € l’an, peut participer à la réalisation d’un chiffre d’affaires atteignant parfois 200 000 ou 300 000 € par an, dépensés par les consommateurs dans les grandes enseignes de la distribution ou les boutiques de prêt à porter bas, moyen, haut de gamme et luxe.

De même, le coût en main d’œuvre d’un Smartphone n’excède guère 2 à 5 % du prix de vente, celui d’une paire de baskets de marque oscille entre 1.5 et 3 % du prix boutique et un sac de luxe confectionné en quelques heures est parfois revendu 1 000 ou 2 000  €.      

UN CODE BARRE POUR MIEUX RESPECTER LES DROITS  ET LUTTER CONTRE LA SURCONSOMMATION DE  RESSOURCES NATURELLES   

Une traçabilité des produits, matérialisée par un code barre obligatoire pour exporter vers l’UE et les USA, pourrait faciliter l’application de règles sociales dans les pays d’origine. 

La production de chaque article a une conséquence directe sur l’état de la planète et l’épuisement des ressources naturelles. Peut-être ne devrions-nous plus attendre pour lutter contre le consumérisme, le réchauffement climatique et la destruction de l’écosystème.  

Un code barre conférerait une identité à chaque article. Il indiquerait le nom du donneur d’ordre, celui du fabricant et des sous-traitants, le niveau des conditions sociales des personnels de production, la conformité des substances utilisées, ainsi que  l’empreinte  écologique. Cela  pourrait marquer le début d’une vraie gestion des ressources et des échanges. Par ailleurs, celui-ci constituerait un outil efficace de lutte envers la contrefaçon.

  POUR QUE CHAQUE PAYS PUISSE BÂTIR  UNE ÉCONOMIE SAINE  

Les hausses, surtout de bas salaires, ont, selon la plupart des économistes, keynésiens ou appartenant à d’autres courants de pensée, un effet macroéconomique positif certain sur le développement d’un pays.

Les effets concrets sont d’autant amplifiés sur l’économie locale lorsque le pays est émergent et produit agriculture, élevage et industrie manufacturière de biens de consommation. 

En revalorisant la rémunération des salariés travaillant pour l’exportation, mécaniquement, les  revenus des autres citoyens et le niveau de vie du pays exportateur progresseraient.

A terme, l’augmentation de la consommation de biens indispensables, alimentaires ou matériels, générerait une croissance du marché intérieur qui pourrait contribuer à bâtir une économie plus autonome et saine, mais aussi moins orientée vers une course à la production dont, par ailleurs, les effets sur l’environnement sont souvent désastreux.   

 CONSOMMATEURS OTAGES ET COMPLICES MALGRÉ NOUS

Nous, consommateurs occidentaux, n’acceptons plus d’être les otages et complices d’une politique économique spéculative qui nous berne et impose à des femmes, des hommes et parfois des enfants de 10 ans, des conditions de travail proches de l’esclavage.     

La promesse d’une mondialisation heureuse qui devait offrir bienveillamment du travail aux pays pauvres dans le respect de leurs droits et procurer des produits moins chers aux pays riches ne s’est guère réalisée : les conditions de travail des ouvriers des pays émergents se sont peu améliorées depuis le début de la mondialisation, le chômage des pays occidentaux a explosé et la plupart des prix des biens de consommation augmentent régulièrement.

Il semble aujourd’hui, que les actionnaires des grands groupes soient les principaux bénéficiaires de ce marché de dupes. 

Certes, les donneurs d’ordres occidentaux partagent la responsabilité de cette forme d’esclavage contemporain avec les industriels locaux et doivent également parfois composer avec des organisations mafieuses et des hommes politiques ou fonctionnaires corrompus. Aussi, l’instauration d’un salaire minimum obligatoire pour exporter, aiderait les États signataires à lutter contre une corruption qui prive travailleurs et citoyens, des fruits d’une croissance qui leur revient de droit. Les gouvernements pourraient ainsi remplir leur devoir de protection envers leurs populations. 

L’adhésion à cette convention internationale, marchés de consommateurs/Pays en développement, pourrait constituer pour chacun des États signataires, une opportunité historique d’avancée économique et sociale.   

  ¹ Union Européenne :  

Nous devons envisager l'instauration d'un salaire minimum mensuel net de 1 000 € pour l’ensemble des ouvriers des pays de l’UE fabriquant des produits ou les employés fournissant des services destinés à l’exportation ainsi que pour les salariés détachés dans l’un des 28 pays de l’Union Européenne (Exemples : ouvriers polonais et portugais du BTP en France et ouvriers Bulgares ou roumains dans l’agroalimentaire en Allemagne).  Ce salaire net minimum s’appliquerait donc aux 7 pays qui ne disposent pas d’un salaire minimum (Allemagne 2017 ?, Italie, Danemark, Chypre, Autriche, Finlande et  Suède).Et, parmi les 21 pays prévoyant un salaire minimum, ceux dont le montant est inférieur au seuil de 1 000 € (Roumanie, Bulgarie, Pologne, Hongrie, République tchèque, Croatie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Grèce, etc.…)  Les salaires minimum en vigueur dans des pays de l’UE continueraient à s’appliquer dés lors qu’ils seraient supérieurs à 1 000 € net mensuel. A terme, un alignement basé sur la moyenne des salaires minimum nets français, anglais, belges, irlandais, néerlandais ou luxembourgeois (1 100 à 1 550 €) pourrait être envisagé pour les pays les plus développés et s’appliquer ensuite à l’ensemble des populations de la communauté européenne.  

  

                               Francis JOURNOT    

Association  " convention internationale pour un salaire minimum mondial  "    

http://www.international-convention-for-minimum-wage.org/ 

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Un salaire minimum européen à l'exportation 

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 Par Francis JOURNOT       Tribune du 11 decembre 2013 sur MARIANNE     

 

A la veille des élections européennes de mai 2014, le thème du salaire minimum européen refait surface. Bien qu’il ait été présenté lors du référendum de Maastricht, comme un futur bienfait de la construction européenne, celui-ci a néanmoins été depuis 1992, souvent occulté.

Cependant, en réponse à la grogne des ouvriers dont les fermetures d’usines se multiplient, notamment dans le secteur particulièrement exposé de l’agroalimentaire, ce sujet est maintenant de plus en plus évoqué comme un possible remède à la concurrence déloyale exercée entre pays de l’Union Européenne. 

Mais salaire minimum unique européen ou salaire adapté au niveau de vie de chaque pays, les pistes envisagées depuis le début de la construction de l’Europe, ne semblent guère à la hauteur de cette ambition sociale. Aussi, peut-être devrions-nous dés maintenant envisager la voie du salaire minimum Européen et mondial à l’export.   

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SALAIRE MINIMUM UNIQUE EUROPÉEN   

Au lendemain de l’adoption de l’euro, cette option, bien que souvent considérée comme utopique, aurait pût malgré tout paraître envisageable.

Mais dix ans plus tard, il est plus que jamais difficile d’imaginer que la commission européenne tente d’obliger des états en quasi faillite, à aligner leurs salaires, dont ceux de leurs fonctionnaires, sur un salaire minimum incompatible avec des économies émergentes ou exsangues.     

 SALAIRE MINIMUM EUROPÉEN SELON LE NIVEAU DE VIE DE CHAQUE PAYS  

Dans son manifeste pour les élections du Parlement Européen, le Parti Socialiste appelait en 2004, à la mise en place d’un salaire minimum Européen. L’UE ne comptait alors que 15 pays membres. Mais en 2005, lors du referendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, par ailleurs rejeté par 54,68 % des français, cette grande ambition européenne était déjà oubliée.

En 2006, l’ancien président de la Commission Européenne Jacques Delors, s’est appuyé sur les  prescriptions formulées lors des débats du PS et a proposé aux entreprises et confédérations syndicales européennes, une discussion  autour de l’idée selon laquelle « chaque pays de l’UE devrait instaurer son propre salaire minimum, en fonction de son état de développement ».  

Cette position fut, au cours des années suivantes, souvent reprise par la Commission Européenne  et le Parlement Européen : « même s’il est peu probable que l’on mette en place une politique de salaire minimum européen dans l’avenir proche,  il serait théoriquement possible et juste que l’Union européenne oblige chaque État membre à établir son propre salaire minimum » ou « il convient de mettre en place, au niveau des États membres, un salaire minimum décent, le cas échéant en coopération avec les partenaires sociaux, afin de rendre le travail financièrement viable ».  

A la veille des élections européennes de 2014, le parlement européen, dont certains de ses  membres s’ouvrent du risque de défiance d’un grand nombre de citoyens européens envers leur institution, organise une série de conférences sur le thème « Perspectives pour l’emploi en Europe ».

Au cours de la conférence qui a eu lieu à paris le 14 octobre 2013, Pervenche Beres, députée européenne du Parti Socialiste depuis 1994 et présidente de la Commission de l'emploi et des affaires sociales du parlement depuis 2009, affirmait «Je pense que l’Union européenne avance vers la création d’un salaire minimum. Nous n’y sommes pas encore, mais nous sommes en route ». Puis celle-ci assurait « Si l’Allemagne s’engage sur le sujet du salaire minimum, il sera beaucoup plus facile de faire avancer le sujet à Bruxelles, au moins pour les pays de la zone euro ". Alors, argument de pré campagne européenne ou réelle préoccupation sociale de l’Europe ? 

   SALAIRE MINIMUM ALLEMAND       

Il n’est pas acquis que notre partenaire allemand dont la croissance repose parfois sur des inégalités salariales qui permettent précisément de concurrencer des secteurs entiers de l’industrie française, soit impatient d’harmoniser les salaires autour d’un SMIC à 8.50 € bruts. En effet, les patrons allemands promettent la suppression de 1.5 à 1.8 millions d’emplois et des économistes, plus modérés, prédisent 500 000 pertes d’emplois. Aussi, on peut craindre que la mise en place du salaire minimum s’avère lente et laborieuse. 

Même si un accord de coalition a été signé fin novembre 2013 pour une entrée en vigueur en janvier 2015, les branches auront toutefois la possibilité de négocier des conventions collectives avec les partenaires sociaux et de nombreuses entreprises devraient bénéficier de dérogations jusqu’en janvier 2017. De plus, le montant du salaire minimum ne sera débattu par une commission qu’à partir de juin 2017. 

Par ailleurs, l’instauration d’un salaire minimum allemand fera diminuer le recours aux travailleurs déplacés des pays de l’Est mais n’améliorera pas sensiblement les conditions de concurrence.

Effectivement, on peut supposer que de nombreuses entreprises d’Outre-Rhin vont rejoindre celles qui ont déjà délocalisé la production de leurs industries de main d’œuvre dans les États voisins à bas coûts de l’Est.

Il est à craindre qu’une généralisation du salaire minimum allemand dans l’industrie ne se concrétise guère avant plusieurs années et dans l’hypothèse la plus optimiste, il nous faudra vraisemblablement attendre au moins 10 années supplémentaires pour que la totalité des pays de l’Union Européenne soient en capacité d’augmenter les salaires. 

    L’INEFFICACITÉ DES PISTES SUIVIES 

Bien que cette idée séduise, il est assez peu probable que l’instauration d’un salaire minimum européen plus ou moins semblable pour l’ensemble des salariés des États Européens du secteur public et privé, se concrétise au cours des prochaines années.    

Après plus de 20 années d’immobilisme et en l’absence d’avancée significative, on peut aujourd’hui douter du pragmatisme des solutions proposées. 

Au moment où l’UE vient d’accueillir son 28éme membre, une harmonisation, avec une discussion avec les différents partenaires, par branches et par régions, risque de s’avérer particulièrement longue et difficile, voire impossible à mettre en place si l‘on considère que la Commission Européenne, à supposer qu’elle en ait la volonté, ne peut qu’exhorter les pays à adopter un SMIC ou à augmenter leurs salaires mais la décision appartiendra finalement aux États nationaux. 

Il est à redouter que de nombreuses usines de l’hexagone ne ferment avant que l’ensemble des pays de l’Union acceptent de se laisser dicter des mesures souvent inappropriées voire impossibles à appliquer à l’heure où la plupart d’entre eux connaissent de graves difficultés budgétaires.

UN SALAIRE MINIMUM UNIQUE EUROPÉEN SPÉCIFIQUE AUX PRODUITS ET SERVICES EXPORTÉS  

Dans un monde globalisé ou au sein d’une communauté de 28 pays, pour être rapidement applicables et efficientes, les solutions doivent être plus globales. 

Peut-être pourrions-nous enfin progresser vers une harmonisation salariale Européenne en instituant un salaire minimum unique européen obligatoire pour exporter vers les pays extérieurs à la communauté Européenne mais aussi vers les autres États membres.

L’ensemble des salariés Européens travaillant dans des usines produisant des biens ou des sociétés fournissant des services destinés à l’exportation  bénéficierait de ce statut.

De fait, les distorsions de concurrence entre États Européens que nous souhaitons voir disparaitre pour sauver nos dernières usines françaises, seraient immédiatement et considérablement réduites, notamment lors des échanges internes dans l’Union Européenne. 

Le secteur marchand pourrait parfaitement, sans que cela n’affecte dangereusement ses coûts et sans que cela ne justifie d’importantes augmentations de prix à la consommation, absorber une réévaluation des rémunérations. Celle-ci serait amortie par la valeur ajoutée souvent importante de produits ou services fréquemment destinés à des consommateurs de pays développés ou à fort pouvoir d’achat de pays en développement.  

Les hausses, surtout de bas salaires, ont, selon la plupart des économistes, keynésiens ou appartenant à d’autres courants de pensée, un effet macroéconomique positif certain sur le développement d’un pays.

Les effets concrets sont d’autant amplifiés sur l’économie locale lorsque le pays est émergent et produit agriculture, élevage et industrie manufacturière de biens de consommation.

En revalorisant la rémunération des salariés travaillant pour l’exportation, mécaniquement, les revenus des autres citoyens et le niveau de vie du pays exportateur progresseraient.

A terme, l’augmentation de la consommation de biens indispensables, alimentaires ou matériels, générerait une croissance du marché intérieur qui pourrait contribuer à bâtir une économie plus autonome et saine, mais aussi moins orientée vers une course à la production dont, par ailleurs, les effets sur l’environnement sont souvent désastreux. Les salaires initialement destinés aux salaries travaillant pour l’exportation se généraliseraient progressivement au rythme du développement des États. Ainsi, chaque pays pourrait bâtir une économie plus saine.   

Nous pourrions envisager l'instauration d'un salaire minimum mensuel net de 1 000 € net pour l’ensemble des ouvriers des pays de l’UE fabriquant des produits ou les employés fournissant des services destinés à l’exportation ainsi que pour les salariés détachés dans l’un des 28 pays de l’Union Européenne (Exemples : ouvriers polonais et portugais du BTP en France et ouvriers Bulgares ou roumains dans l’agroalimentaire en Allemagne parfois rémunérés 3 €/h).   

Ce salaire net minimum s’appliquerait donc aux 7 pays qui ne disposent pas d’un salaire minimum (Allemagne janvier 2017 ?, Italie, Danemark, Chypre, Autriche, Finlande et  Suède).

Et, parmi les 21 pays prévoyant un salaire minimum, ceux dont le montant est inférieur au seuil de 1 000 € (Roumanie, Bulgarie, Pologne, Hongrie, République tchèque, Croatie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Grèce, etc.…)  Les salaires minimum en vigueur dans des pays de l’UE continueraient à s’appliquer dés lors qu’ils seraient supérieurs à 1 000 € net mensuel. 

A terme, un alignement basé sur la moyenne des salaires minimum nets français, anglais, belges, irlandais, néerlandais ou luxembourgeois (1 100 à 1 550 €) pourrait être envisagé pour les pays les plus développés et s’appliquer ensuite à l’ensemble des populations de la communauté européenne.   

 SALAIRE MINIMUM MONDIAL A L’EXPORTATION 

La création d’un salaire minimum mondial à l’export, bien qu’applicable dans un cadre uniquement européen,  pourrait s’inscrire dans un cadre plus général de  salaire minimum mondial  qui  régulerait ainsi davantage l’ensemble des échanges mondiaux. 

Le 7 décembre 2013 à Bali, l’OMC a signé avec 157 ministres d’États membres, un accord historique  de libéralisation des échanges internationaux prévoyant l’exemption accrue des droits de douane sur les exportations en provenance des pays les moins avancés et la facilitation des échanges dont, par ailleurs les groupes industriels et de distribution  pourraient bien s’avérer être les principaux bénéficiaires. 

Aussi, l’application de notre proposition d’instaurer un salaire minimum mondial obligatoire d’un montant net de 400 € ou 500 $ hors UE, pour exporter vers les principaux marchés de consommateurs, est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. 

Celle-ci serait d’autant plus réalisable que les économies de frais de douane réalisées diminueraient les coûts et pourraient ainsi participer au financement d’une réévaluation de la rémunération des salariés des pays émergents ou en développement.   

                                          Francis JOURNOT    

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